Le livre du mois de Mars: Thérèse Desqueyroux [François Mauriac]

bonjourPour illustrer la décennie 1920-1930, j’ai choisi de relire Thérèse Desqueyroux de François Mauriac. Si ce livre m’a marqué, ce n’est pas pour son contenu (je m’en souvenais à peine), mais c’est surtout pour toute l’histoire qui l’entoure. J’étais au collège, en 4ème et ma prof de français, Madame Blanc s’évertuait à nous faire découvrir la littérature française. Au programme de cette année là, Thérèse bien sûr, mais aussi le Château des Carpathes sans oublier les Fourberies de Scapin. Madame Blanc était une toute petite bonne femme, sans doute proche de la retraite tant ses racines blanches refaisaient surface toutes les 2 semaines environ. Elle sentait la naphtaline, et avait toujours du rouge à lèvre sur les dents. J’entends encore le son de sa voix et je revois cette salle de cours, peinte en jaune dégueulasse où nous étions assis par rangées de 6. Une fois par semaine, l’un d’entre nous devait présenter un livre qu’il avait lu. Je crois que pour le livre que j’ai eu à présenter durant l’année, j’avais choisi du Agatha Christie – le crime de l’orient express. Ma grande copine de l’époque, c’était Coralie. Une grande gigue un peu fofolle qui peignait sur ses chaussures…elle avait présenté Simetierre de Stephen King, ce qui n’avait pas beaucoup plu à Madame Blanc! Mais revenons à Thérèse….

Therese_Desqueyroux

Résumé:

A Argelouse, petit village entouré de landes et de pins, les mariages sont arrangés pour allier les familles et réunir les terrains. Thérèse Larroque devient ainsi Mme Desqueyroux, femme singulière d’un homme ordinaire, enfermée dans sa solitude, piégée par le poids du clan et des intérêts, les convenances et les rumeurs. 
 Ce roman envoûtant de Mauriac est celui d’une femme prisonnière, un être « coupé de tout, de tous les côtés », une héroïne sombre qui tentera ainsi, quoi qu’il en coûte, sans plus de scrupules, de se libérer du joug de son mariage et du destin qu’on lui impose. 

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Mon avis:

Je crois qu’on ne peut qu’être touché par l’histoire de cette femme, qui pourtant n’attire pas forcément la sympathie – forcément, elle a essayé de tuer son mari. En fait, Thérèse est juste passé à côté de sa vie… elle qui rêvait de liberté, elle se retrouve mariée à un homme qui la dégoûte et évolue dans une famille qu’elle haït. Alors, à bout de souffle, elle commet cet acte qui fera d’elle une paria – physiquement et moralement. Thérèse, c’est simplement une femme qui cherche le bonheur. Ho, elle pourrait se contenter de ce qu’elle a – elle est riche, a un mari qui semble se préoccuper d’elle, va avoir son premier enfant. Beaucoup de femmes se contenteraient de cela…mais Thérèse, elle cherche le bonheur, le véritable bonheur. Et c’est cette quête qui va la détruire petit à petit. J’ai aimé la Thérèse du début du livre, celle d’avant le procès, la Thérèse insoumise, qui mène son couple en faisant comprendre à son mari que clairement il l’ennui. Et puis il y a eu la Thérèse d’après le procès, de l’insoumise, elle devient soumise à ce mari un peu con-con, macho et autoritaire. Je n’ai pas aimé cette Thérèse là…celle qui se laissait mourir à petit feu, physiquement et mentalement. J’attendais au fil des pages qu’elle se relève, qu’elle reprenne sa vie en main. A la fin du livre, nous quittons une Thérèse délivrée de toutes ses chaînes, et ce grâce à ce mari un peu bê-bête, qui n’a toujours pas compris la raison d’un tel geste. Ce qu’elle va devenir? Mauriac ne le dit pas… au lecteur d’imaginer la suite. Ma Thérèse à moi, elle a repris ses études, elle s’est inscrite à la Sorbonne où elle étudie la philosophie. Entre deux cours, elle va rejoindre Jean au café de Flore. Elle vit dans une petite chambre de bonne, entourée de livre, mais ça lui convient…elle n’a pas besoin de beaucoup. Elle va retrouver les pins d’Argelouse pour les fêtes de famille – Marie grandit vite, elle lui ressemble de plus en plus….

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Thérèse, c’est l’histoire d’une femme qui était passée à côté de sa vie…

Une citation pour terminer: « S’accepter, cela oblige les meilleurs d’entre nous à s’affronter eux-mêmes, mais à visage découvert et dans un combat sans ruse. « 

 

4 Comments
  • casteau catrhy
    mars 20, 2016

    n’y a-‘t’-il pas encore de nos jours des « Thérèse »?
    J’aime la citation. le plus difficile étant la franchise envers soi même sans excuses ni subterfuges….

    • Mme_Potiron
      mars 29, 2016

      Et peut être même que les « Thérèse » sont plus proches qu’on ne le pense…

  • Barbara Verhaege
    mars 21, 2016

    ha mon dieu, j’ai une image très nette de ta prof de littérature !!! on avait du lire aussi ce livre là, mais en 5e ou en rhéto (donc, je traduis, l’année de nos 17 ans pour la 5e, ou 18 ans pour la rhéto, c’est à dire je pense la terminale en france) et comme quasi tous les bouquins qu’on a du lire, je n’en garde pas un souvenir transcendant, à part la condition humaine que j’ai adoré !! mais c’est fou, tu m’as donné envie de le relire, c’est étrange …. mais merci en tous les cas, je vais surement me pencher dessus un de ces jours !! bizzzz bonne soirée

    • Mme_Potiron
      mars 29, 2016

      Haha!! Elle m’a tellement marqué que j’entends encore sa voix. J’ai gardé souvenir de tous mes profs de français, certains en positif (dont ma prof de terminale, une bonnefemme bien en chair toujours habillée avec une chemisette rose et une robe bleue – un peu esprit bonne sœur à bien y réfléchir) et d’autres en négatif (ma prof de seconde était une abomination). Et comme pour les profs, certains livres m’ont marqué et d’autres non… Relis Thérèse Desqueyroux, je pense que tu découvrira le personnage sous un nouveau jour!

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